Dimanche 28 juin - Salle du Stand 17h30
Noces
Ensemble Vocal d’Erguël (EVE)
Concert en deux parties qui débutera a cappella avec :
Chansons françaises de F. Poulenc (1945), inspirées de chansons populaires.
Aube imaginaire (1994) de J.-L. Darbellay, compositieur valaisan, collaboration avec le poète A. Rochat. Des textes délicats et suspendus convenant parfaitement à l’écriture vocale du musicien.
Le Bestiaire imaginaire (2002), de F.-X. Delacoste, sur un texte de P. Coran. Œuvre en cinq mouvements, écriture traditionnelle exigeante et contemporaine.
Les Noces de Stravinsky, en deuxième partie de concert, présentent des scènes chorégraphiques russes en quatre tableaux avec solistes, chœur, pianos et percussions :
1. La tresse
2. Chez le marié
3. Le départ de la mariée
4. Le repas de noces
Stravinsky commence à penser aux Noces en 1914, alors qu’il séjourne déjà en Suisse. Il s’appuie sur des poèmes populaires russes, relatant un mariage paysan, qu’il obtient à Kiev auprès de l’ethnologue et folkloriste russe Kirievsky. La partition des deux premiers tableaux est terminée au printemps de 1915, mais l’œuvre complète n’est achevée à Morges que deux ans plus tard, le 4 avril 1917. Son grand ami Diaghilev, exprime un enthousiasme tel que Stravinsky lui dédie la composition.
Après avoir essayé diverses possibilités d’orchestration et travaillé à l’adaptation française avec Ramuz, il laisse l’œuvre en plan. C’est dans l’urgence de la nécessité que la solution de cette singulière orchestration pour quatre pianos et percussions s’impose au compositeur. La création a lieu le 13 juin 1923 à Paris par les Ballets russes, sous la direction musicale d’Ernest Ansermet.
L’oeuvre est construite en deux parties. La première comprend les trois premiers tableaux, alors que le quatrième tableau en constitue la deuxième. La musique ne décrit pas le texte dans le sens traditionnel. Stravinsky indique lui-même que son œuvre « veut présenter plutôt que décrire ». Les différents tableaux apparaissent comme des passages obligés d’un rite, presque d’un sacrifice. La musique fait avancer l’action telle une machine inexorable vers une extase érotique et religieuse.
Stravinsky utilise des mélodies modales d’essence populaire, mais qui sont presque toutes inventées. Les moments de rythmes obsessionnels alternent avec des passages dans lesquels le temps est disloqué d’une manière presque cubiste. Les passages de polyrythmies et de polytonalités rappellent le langage du Sacre du Printemps.
Les Noces constituent un jalon important dans l’œuvre du maître de par la radicalité de l’esthétique qui y est affirmée.
L’adaptation française de Ramuz apparaît comme un authentique travail de création. La profonde communion d’esprit qui reliait les deux hommes s’y exprime avec force. Le poète ne cesse de surprendre par un déplacement subtil de la plupart des accents toniques habituels.
Il s’en explique d’ailleurs dans ses Souvenirs sur Igor Stravinsky en affirmant qu’une trop continuelle correspondance entre accent tonique et accent musical est ennuyeuse et qu’elle serait tout à fait contradictoire avec la nature intime de la musique de Stravinsky.
Prix : 40.-
Caisses : 16h00
Partenaire de la soirée

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